ÉtabliDébattuSpéculatif
Emmanuel Kant (1724–1804) — théorie de la connaissance. Galerie Philosophes, portrait 2/3 : vingt-cinq siècles de doute.
Professeur à Königsberg, d’une régularité si proverbiale qu’on réglait, dit-on, les montres sur ses promenades, Kant a opéré ce qu’il appelait lui-même une « révolution copernicienne » de la pensée : ce n’est pas notre esprit qui se règle sur les objets, ce sont les objets — tels que nous les connaissons — qui se règlent sur les structures de notre esprit. L’espace et le temps, chez lui, ne sont pas des propriétés du monde en soi : ce sont les formes a priori de notre sensibilité, les lunettes dont nous ne pouvons pas nous défaire. Le réel « en soi » — le noumène — nous demeure à jamais inaccessible. Établi (comme position philosophique majeure ; sa vérité, elle, reste débattue)
La physique du XXᵉ siècle lui a donné des résonances inattendues. La mécanique quantique suggère que les propriétés d’une particule n’existent pas indépendamment de la mesure — que nous n’atteignons jamais que des phénomènes, jamais la chose en soi. Et la gravité quantique va plus loin que Kant lui-même : si l’espace et le temps émergent de quelque chose de plus profond, alors même nos « formes a priori » ne seraient pas fondamentales. Le cadre kantien est-il confirmé, dépassé ou réfuté par la physique moderne ? Les trois réponses ont leurs défenseurs. Débattu
Kant impose une hygiène mentale que ce carnet fait sienne : distinguer ce que le monde est, de ce que nous pouvons en connaître — et ne jamais confondre les deux.
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Le réel en soi, de Königsberg au quantique
La collection L’Univers dévoilé explore ce que la physique moderne fait aux catégories de Kant.
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